La liquidité bancaire

Au sens large, « être liquide » pour un établissement de crédit, c’est disposer des fonds nécessaires pour faire face à ses décaissements. Les sources de liquidité les plus communément reconnues sont la trésorerie (le cash) ou les titres qui peuvent être immédiatement convertis en cash, soit auprès d’une banque centrale, soit sur un marché. S’il est une leçon à tirer de la crise financière de 2008, c’est bien qu’une banque peut être solvable, mais mourir très rapidement par manque de liquidité. La gestion de ce précieux carburant du monde financier est désormais une priorité pour les banques et pour les régulateurs.

Quelles sont les contraintes de liquidité supportées par les banques ?

Le métier d’intermédiation de la banque consiste à transformer principalement des dépôts des clients en opérations de crédit. Dans cette opération, les ressources court terme sont utilisées pour financer des opérations remboursables à moyen ou long terme telles que les prêts immobiliers.

Ce faisant, la banque prend par nature un risque de ne pas être liquide puisque les dépôts des clients peuvent être retirés à tout moment.

Quel rôle joue le marché interbancaire ?

Sur ce marché, les banques peuvent négocier leurs excédents et besoins de liquidité. Elles seront tantôt prêteuses, tantôt emprunteuses auprès d’autres établissements. Elles peuvent profiter des interventions de la Banque centrale européenne. Les taux fixés par l’institution influencent directement les taux du marché interbancaire.

C’est le pool de refinancement de BPCE qui centralise toutes les demandes de refinancement du Groupe BPCE sur le marché interbancaire.


Les crises financières ont-elles affecté le marché interbancaire ?

Lors de la crise des « subprimes » de 2007-2008 et les faillites bancaires, le marché monétaire avait perdu de son efficience et les banques se prêtaient moins facilement de l’argent. En 2010, la crise des dettes souveraines de la zone euro avait renforcé ces difficultés. Pour ces raisons, la BCE avait soutenu régulièrement le système bancaire par des mesures de politique monétaire dites "non-conventionnelles" :

  • Extension de la liste des actifs admis en garantie dans le cadre des opérations d'open market,
  • Apport de liquidité à long terme,
  • Achats fermes de titres,
  • Lancement d’un programme d’assouplissement quantitatif (souvent appelé QE pour « quantitative easing ») : injection de montants importants de liquidité dans le système financier via des rachats de titres obligataires souverains et privés. En rachetant massivement des obligations, la BCE cherche à faire augmenter leur prix, donc baisser les taux d’intérêt.

Quelles sont les autres sources de liquidité ?

Les banques peuvent améliorer leur liquidité par :

ZOOM : la titrisation

Cette opération consiste à regrouper un grand nombre de crédits puis à le céder sur le marché financier. La banque sort ainsi les crédits de son bilan, transfère le risque aux investisseurs finaux et diminue son risque de liquidité. Tous les types de crédits peuvent être titrisés et intéressent nombre d’investisseurs tels que les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les grandes entreprises.

Quel est l’impact de la réglementation Bâle III ?

Pour éviter la survenance de nouvelles crises financières, le Comité de Bâle intègre dans son dispositif de régulation la mise en place de deux ratios de liquidité. Les normes visent deux objectifs distincts, mais complémentaires.

  • Le premier est de favoriser la résilience à court terme du profil de risque de liquidité d’une banque en veillant à ce qu’elle dispose de suffisamment d’actifs liquides de haute qualité pour surmonter une grave crise qui durerait 1 mois. Le Comité a mis au point à cet effet le ratio de liquidité à court terme (LCR - pour Liquidity Coverage Requirement).
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  • Le second objectif est de promouvoir la résilience à plus long terme en instaurant des incitations supplémentaires, afin que les banques financent leurs activités au moyen de sources structurellement plus stables. Le ratio structurel de liquidité à long terme (NSFR -  pour Net Stable Funding Ratio), assorti d’un horizon de 1 an, a été élaboré pour fournir une structure viable à l’actif et au passif.
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    Le NSFR requiert la détention d’un montant minimum de financements stables en rapport avec le profil de liquidité des actifs et avec les éventuels besoins de liquidité découlant des engagements de hors-bilan sur une période de 1 an. Il a pour but d’éviter un recours excessif aux financements de gros à court terme lorsque la liquidité de marché est abondante et d’encourager une meilleure évaluation du risque de liquidité sur l’ensemble des éléments de bilan et de hors-bilan.

 

Comment évaluer la solidité des banques ?

La réglementation Bâle III impose aux banques d’anticiper des situations de crise à l’aide de la réalisation de tests de résistance (" stress test »), simulant des événements susceptibles de provoquer de fortes tensions sur la liquidité, comme des retraits d’une partie importante des dépôts de la clientèle ou un déclassement de la note attribuée par les agences de notation financière affaiblissant la réputation de l’établissement.


Avant la mise en œuvre de la supervision bancaire européenne par la BCE en novembre 2014, les banques avaient été soumises de façon simultanée à un examen exhaustif de la qualité de leurs actifs et des tests de résistance coordonnés au niveau européen. Le champ couvert était extrêmement large : 130 banques au niveau de la zone euro, représentant un total de bilan de 22,1 trillions d’euros, soit 82 % des actifs du système bancaire. La France représente un peu plus de 30 % de ce total avec 13 groupes bancaires, représentant plus de 96 % des actifs du système bancaire français.


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