L'économie sociale et solidaire (ESS)

Si l’économie sociale et solidaire (ESS) a longtemps été un mode d’entreprendre délaissé, la récente consécration législative l’a fait rentrer dans une nouvelle ère de développement. Sociale, utile, innovante, locale, résistante et prospère, l’ESS est aujourd’hui un véritable moteur de l’économie française et un grand pourvoyeur d’emplois.

Qu’est-ce que l’Économie Sociale et Solidaire ?

L’économie sociale et solidaire (ESS) est un mode d’entreprendre spécifique pour des entreprises qui cherchent à concilier solidarité, performance économique et utilité sociale. Elle permet, en outre, de contribuer à un développement économique en lien avec les territoires et les salariés. Comme l’économie, l’ESS se compose des activités de production, transformation, distribution, d’échange et de consommation de biens ou de services mises en œuvre par les différents acteurs (article 1 de la loi ESS du 31 juillet 2014).

Le spectre de l’ESS est vaste et se divise en cinq familles, inscrit dans l'article 1 de la loi ESS du 31 juillet 2014 : coopératives, mutuelles, associations, fondations et sociétés commerciales d'utilité sociale. Pour plus d'informations, cliquez ici.
L’ensemble de ces acteurs doit se conformer aux principes légaux suivants :

  • But poursuivi autre que le seul partage des bénéfices ;
  • Gouvernance démocratique, définie dans les statuts ;
  • Bénéfices consacrés majoritairement au maintien ou développement de l’activité de l’entreprise ;
  • Réserves obligatoires, impartageables et non distribuables.

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En outre, les sociétés commerciales doivent :

  • Rechercher une utilité sociale, c'est-à-dire contribuer à la lutte contre les exclusions et les inégalités, apporter son soutien à des personnes en situation de fragilité, concourir au développement durable si cette activité est liée à l’un des objectifs cités ;
  • Appliquer des principes de gestion de l’entreprise stricts.

Zoom sur les différences entre les coopératives et les mutuelles

Les mutuelles, à l’inverse des coopératives, n’ont pas de capital social. Les fonds proviennent des cotisations de leurs membres. Ces cotisations sont généralement fixes et constituent essentiellement les fonds propres de la mutuelle. Les coopératives quant à elles ont un capital social matérialisé par les parts sociales des clients-sociétaires. Par définition, une banque n’est pas mutualiste, elle a un capital social. On peut parler de banque « à esprit » mutualiste, en référence à la philosophie mutualiste.

Quelle est l’importance de l’ESS dans l’économie française ?

Ce modèle entrepreneurial spécifique, à la fois stable et résilient, est en pleine expansion. Depuis 2008, le nombre de salariés a augmenté de 5% pour atteindre 10.5% des emplois en France.

Economie du quotidien, l’ESS est aussi leader dans secteur d’activité : elle représente 60% de l’activité de la banque de détail grâce aux banques coopératives, la moitié des établissements d’accueil des jeunes enfants (crèches, halte-garderies), 54% des complémentaires santé, etc.

Chiffres clés

10,5% de l’emploi français
14% de l’emploi privé
2,4 millions de salariés
+ de 222 000 établissements employeurs
  
Source : Panorama de l’économie sociale et solidaire en France, édition 2020

Qu’est-ce que la loi ESS ?

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La loi ESS promulguée le 31 juillet 2014, est un outil de reconnaissance institutionnelle de ce secteur. Première loi lui donnant un cadre, elle fut le fruit de plus d’un an de travail et de concertation et a permis d’initier un changement d’échelle en dotant le secteur d’outils, d’organismes représentatifs, mais également de financements spécialisés encourageant son développement.

Elle regroupe les acteurs historiques de l’économie sociale et promeut de nouvelles formes d’entrepreneuriat social comme les sociétés commerciales, qui poursuivent un objectif d’utilité sociale et qui font le choix de s’appliquer à elles-mêmes les principes de l’économie sociale et solidaire.

Qu'est-ce que la révision coopérative ?

La révision coopérative, instaurée par l’article 25 de la loi ESS, impose aux coopératives un contrôle dont le but est de vérifier la conformité de leur organisation et de leur fonctionnement aux principes et aux règles de la coopération et à l'intérêt des adhérents, ainsi qu'aux règles coopératives spécifiques qui leur sont applicables et, le cas échéant, à leur proposer des mesures correctives.

Réalisée tous les 5 ans, cette révision coopérative est obligatoire pour les banques coopératives de plus de 50 salariés. Contrôlé par un réviseur agréé et indépendant, ce dernier produira un rapport destiné à mettre en évidence les éventuels dysfonctionnements et pourra mettre en demeure les dirigeants pour remédier aux insuffisances constatées. En cas d’inaction, des sanctions pourront être envisagées, allant jusqu’à la perte de l’agrément coopératif.

Les Caisses d’Epargne sont-elles des banques de l’ESS ?

Coopératives depuis 1999, les Caisses d’Epargne ont dans leur ADN les valeurs de l’ESS et des entreprises coopératives (voir la fiche repère). Porteuse d’utilité sociale depuis sa création, la Caisse d’Epargne fait partie, aujourd’hui, du 2ème plus grand groupe bancaire coopératif français (Groupe BPCE). Pour plus d'informations, veuillez cliquez ici.

La gouvernance démocratique s’illustre à travers les 283 membres de conseil d’orientation et de surveillance (COS), issus des 2 591 administrateurs, élus par les presque 4,5 millions de sociétaires. Les 15 Caisses d’Epargne implantées régionalement permettent d’être au plus proche des acteurs de l’ESS en les soutenant et en leur proposant des services adaptés à leurs besoins.

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