Les risques opérationnels

La pérennité d’un établissement bancaire repose sur sa capacité à anticiper et gérer ses risques. Depuis la règlementation Bâle II, le risque opérationnel est traité comme les autres risques et doit faire l’objet d’une dotation en fonds propres.

À quels risques une banque est-elle confrontée ?

L’activité d’intermédiation d’une banque, c’est-à-dire de transformation des dépôts des clients en crédits, génère différents risques. Il s’agit essentiellement des risques de crédit, de liquidité et de taux. En revanche, les risques opérationnels concernent toutes les entreprises quelques que soient leurs activités.

Ce type de risque est subi par l’entreprise, il n’est porteur d’aucune espérance de gain.

Que recouvrent les risques opérationnels ?

La réglementation définit le risque opérationnel comme étant «le risque de perte résultant d’une inadaptation ou d’une défaillance imputable à des procédures, personnels et systèmes internes ou à des évènements extérieurs, y compris des évènements de faible probabilité d’occurrence mais à fort risque de perte. Le risque opérationnel inclut les risques de fraude interne et externe ».

Depuis Bâle II, les risques opérationnels sont classifiés selon le tableau suivant :

  • Fraude interne
    Informations inexactes sur les positions, falsifications, vol commis par un employé et délit d’initié d’un employé opérant pour son propre compte.
  • Fraude externe
    Vol qualifié, faux en écriture et dommages dus au piratage informatique.
  • Pratiques en matière d’emploi et sécurité sur le lieu de travail
    Demandes d’indemnisation de travailleurs, violation des règles de santé et de sécurité des employés, activités syndicales, plaintes pour discrimination et responsabilité civile en général.
  • Clients, produits et pratiques commerciales
    Violation de l’obligation fiduciaire, utilisation frauduleuse d’informations confidentielles sur la clientèle, opérations boursières malhonnêtes pour le compte de la banque, blanchiment d’argent et vente de produits non autorisés.
  • Dommages aux actifs corporels
    Actes de terrorisme, vandalisme, séismes, incendies et inondations.
  • Dysfonctionnement de l’activité et des systèmes
    Pannes de matériel et de logiciel informatiques, problèmes de télécommunications et pannes d’électricité.
  • Exécution, livraison et gestion des processus
    Erreur d’enregistrement des données, défaillances dans la gestion des sûretés, lacunes dans la documentation juridique, erreur d’accès aux comptes de la clientèle et défaillances des fournisseurs ou conflits avec eux.

Regardez la vidéo.

ZOOM : un exemple de risque opérationnel
La perte de 4,9 milliards d’euros en janvier 2008 due aux activités de marché de Jérôme Kerviel a mis en grande difficulté la Société Générale.

Pourquoi la maîtrise des risques opérationnels est-elle devenue un enjeu pour les banques ?

Les risques opérationnels ne sont pas des risques nouveaux, toutefois ils ont pris une importance croissante ces dernières années, en raison notamment de l’accroissement de différents facteurs.

Pour les banques, la maîtrise des risques opérationnels constitue un véritable enjeu. Il s’agit notamment de :

  • rechercher l’amélioration des organisations et des processus,
  • sécuriser le compte de résultat en diminuant le coût des risques opérationnels,
  • répondre aux objectifs de notation des établissements. Les agences de notation intègrent l’évaluation des dispositifs de gestion des risques opérationnels dans leurs critères de notation,
  • se conformer à la réglementation bâloise (cf. la fiche « La réglementation prudentielle Bâloise ») et optimiser l’allocation des fonds propres réglementaires destinés à couvrir les risques opérationnels.

Comment une banque peut-elle gérer et maîtriser ses risques opérationnels ?

La gestion des risques opérationnels est structurée autour de 3 axes :

  • Prévenir les risques potentiels en établissant une cartographie et une hiérarchisation des risques par unité
  • Identifier les fragilités potentielles par la mise en place et la surveillance d’indicateurs, qui permettent d’intervenir en amont des incidents
  • Gérer le risque avéré en l’identifiant rapidement, en mesurant le risque de perte que cet incident est susceptible de générer et en contenant son impact

Pour piloter cette gestion des risques opérationnels, la banque va par ailleurs s’organiser via des comités internes associant les différentes directions.

ZOOM : les risques opérationnels dans le calcul du ratio de solvabilité
Depuis la réglementation Bâle II, les risques opérationnels sont pris en compte dans le calcul du ratio de solvabilité, au même titre que les risques de crédits et les risques de marché. En conséquence, les établissements bancaires doivent optimiser l’allocation des fonds propres nécessaires à la couverture des risques opérationnels.

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