L'inclusion bancaire des particuliers

Environ un Français sur dix est confronté à une situation d’exclusion bancaire. Les difficultés que cela entraîne représentent un handicap au quotidien et participent à l’aggravation de la situation sociale des citoyens les plus fragiles.

Qu’est-ce que l’exclusion bancaire ?

On parle d’exclusion bancaire lorsque l’accès ou le bon usage des produits et services bancaires est compromis par des difficultés telles que cela empêche de vivre une vie sociale normale. C’est un problème d’accès quand un citoyen rencontre, par exemple, une difficulté pour ouvrir un compte. On parle également de problème d'usage quand une personne utilise uniquement de l’espèce, car elle ne maîtrise pas l’utilisation d’une carte bancaire. Toutefois, ne pas posséder de carte bancaire ou de solution de paiement digitale peut également être un choix et ne signifie pas forcément que la personne se trouve dans une situation d'exclusion bancaire.

Qui est concerné ?

Les personnes en situation d’exclusion bancaire cumulent souvent des fragilités professionnelles, économiques ou bien familiales. Sont particulièrement exposées :

  • les personnes victimes d’un accident de vie tel que chômage, séparation, maladie,
  • les personnes ayant de faibles ressources,
  • les personnes dont l’autonomie est limitée : handicap, illettrisme, etc.

Peut-on chiffrer ce phénomène en France ?

On peut estimer entre 5 et 6 millions le nombre des français en situation d’exclusion bancaire et 4,3 millions de personnes en situation de fragilité financière. Au 31 décembre 2024 et selon la Banque de France, ce chiffre est obtenu grâce à l’addition des personnes :

  • Inscrites au fichier central des chèques (FCC), à savoir la liste des individus dont au moins une banque a retiré l’utilisation d’émettre des chèques ou des cartes. En 2024, il s'agissait de 1,7 millions de personnes ;
  • Inscrites au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), c’est-à-dire l’ensemble des incidents de remboursements des crédits aux particuliers. Presque 2,14 millions de personnes étaient inscrites dans ce fichier en 2024 ;
  • En situation de surendettement, soit 560 142 Français. 

A noter : Cette estimation est un minimum qui n’intègre pas les clients des banques confrontés à des difficultés de paiement ou de découvert.

ZOOM : la réglementation française
La loi a beaucoup évolué depuis le 1er texte sur le droit au compte en 1984, positionnant ainsi la France comme l’un des pays en pointe dans le domaine de la lutte contre l’exclusion bancaire. Suivie par la Banque de France, les acteurs financiers sont mobilisés dans cette lutte : plafonnement des frais d’incidents bancaires, offres spécifiques, etc. Et ces mesures portent leurs fruits : depuis 2014, le nombre de dossiers de surendettement a drastiquement diminué !

Comment se matérialise l’exclusion bancaire ?

L’exclusion bancaire résulte de difficultés soit d’accès et/ou d’usage des services proposés par les banques.

Les difficultés d’accès aux services bancaires sont liées à des pratiques :

  • De sélection de la part des banques, directement comme le refus d’ouvrir un compte, ou indirectement lorsqu’une banque ferme ses agences en zone urbaine sensible par exemple,
  • D’auto-exclusion de la part des clients eux-mêmes qui parfois renoncent à franchir le seuil d’une agence en raison d’une mauvaise expérience ou d’un manque de confiance.

Les difficultés d’usage correspondent à l’inadéquation entre le service proposé par un établissement bancaire et les besoins du client. Cela peut être lié :

  • Au service lui-même, par exemple une carte de crédit renouvelable plutôt qu’une carte de débit à autorisation systématique,
  • Aux difficultés de gestion des clients telles des découverts trop fréquents et mal maîtrisés.

Comment favoriser l’inclusion bancaire ?

Un meilleur accès et un meilleur usage des produits et services bancaires peuvent être encouragés selon deux axes :

  • renforcer l’accessibilité bancaire, de manière directe en proposant des produits et services adaptés ou de manière indirecte à travers, par exemple, un réseau d’agences étoffé et accessible aux personnes à mobilité réduite,
  • développer l’accompagnement grâce à la mise en place de structures ad-hoc en partenariat avec des acteurs de la lutte contre l’exclusion, en complément des services proposés dans les agences bancaires.

Quels rôles jouent les Caisses d’Epargne ?

Les Caisses d’Epargne possèdent, outre la Banque Postale, le réseau bancaire le plus représenté dans les zones urbaines sensibles. Elles adaptent également leurs agences pour accueillir des clients en situation de handicap.

Banques de toutes les clientèles, les Caisses d’Epargne s’engagent fortement en faveur de l'inclusion bancaire. Dès la création de la première caisse et le lancement du livret d’épargne, elles continuent cet engagement en soutenant l'institut de microcrédit dont l'objectif est d'accompagner des personnes ayant un projet d'insertion sociale ou professionnelle avec des capacités de remboursement mais ne pouvant pas accéder aux services bancaires de base

En 2024, près de 2500 microcrédits personnels ont été octroyés par les CE et plus de 2500 microcrédits professionnels. Cela se traduit notamment par 10780 emplois créés ou consolidés. En 2025, souhaitant renforcer leurs engagement sur l'ensemble du territoire, les CE soutiennent l'institut de microcrédit. Voir la fiche repère



 


Les Caisses d’Epargne soutiennent également Finances & Pédagogie, une association spécialisée dans l’animation d’ateliers pédagogiques en rapport avec l’argent et la banque. En 2024, cette association a formé plus de 50 000 personnes (étudiants, travailleurs sociaux, etc.) sur le thème de l'argent au quotidien. Voir la fiche repère

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