La lutte contre l’exclusion bancaire - de la micro épargne au microcrédit

Avec l’invention du livret, premier instrument de micro épargne, les Caisses d'Epargne ont été les moteurs de l'inclusion financière. Aujourd’hui, elles sont des acteurs majeurs du microcrédit en France, renouvelant ainsi un engagement solidaire de près de deux cents ans. Au-delà du renversement de paradigme – l’exclusion bancaire étant aujourd’hui exception plutôt que norme – le défi est en effet le même : lutter contre l’exclusion et la précarité des plus fragilisés d’entre nous en leur offrant des produits et services dédiés.

Quelle fut la mission originale du livret d'épargne ?

Aujourd’hui première banque du microcrédit personnel et parmi les premières banques du microcrédit professionnel en France, les Caisses d’Epargne furent, il y a plus de deux cents ans les premiers établissements à proposer les « outils » financiers et les « instruments » pédagogiques nécessaires à une démocratisation financière sans exclusivité. On ne saurait trop souligner l'innovation majeure, la nouveauté radicale que leur projet constitue alors.

A une époque, le début du XIXe siècle, où seules les grosses fortunes ont accès aux services prodigués par les banques, elles inventent, pour lutter contre l’exclusion et le paupérisme, le livret d’épargne afin de permettre d’épargner à partir d’un franc. Elles rendent ce produit d'épargne accessible à tous, et notamment aux exclus de la finance : aux femmes, pourtant longtemps juridiquement considérées comme incapables majeures, aux enfants dès leur naissance, et jusqu'aux plus humbles de leurs concitoyens.

Elles engagent ainsi en pionnières la voie d'une première pratique bancaire de masse, à une époque où l'exclusion bancaire est norme plutôt qu'exception.

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Comment favoriser l'acculturation financière ?

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Elles imaginent ainsi des dispositifs insolites de récolte de l’épargne embryonnaire pour encourager une pratique régulière de la microéconomie au quotidien et d'acculturation de la prévoyance financière.

L’ « Epargne du sou » est ainsi mis en place à Marseille en 1890, avant d’être utilisée dans différentes Caisses d’Epargne françaises. Elle consiste à mettre en vente des « timbres-épargne » de dix sous auprès des commerçants de la ville, qui peuvent également utiliser ces timbres pour rendre la monnaie à leur client (matrice du timbre à gauche).


Ces timbres sont collés sur une « carte d’épargne » à dix cases, laquelle carte, valant « un franc » une fois remplie, permet l’ouverture d’un livret. Il s’agit, pour les administrateurs de créer une chance de « détourner du petit verre bien de sous qui, avant se trouver en nombre suffisant dans la poche du travailleur, vont du logis au bar ou au débit de boisson ».

C'est quoi le coffre secret ?

Autre instrument de micro-épargne : le coffre secret. Distribué aux déposants, il s’apparente à la tirelire, sans en avoir les « inconvénients ». Les sommes qui y sont glissées ne peuvent être retirées ; seul le caissier de la Caisse d’Epargne, qui en détient les clefs, peut en récupérer le contenu pour le déposer sur le livret de l’épargnant :  "Le coffret secret (…) préserve l’épargnant des dépenses inutiles ; il l’incite à ne pas négliger ces humbles sommes qui, dans certains ménages ouvriers, disparaissent si facilement".

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A quand dater les débuts du microcrédit à la Caisse d'Epargne ?

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L’attention des Caisses d’Epargne aux pratiques de micro finance ne se cantonnera pas à la seule épargne. Des expériences pionnières de microcrédit sont également menées à Marseille dès la fin du XIXe siècle (à gauche). En 1888, la Caisse d’Epargne propose ainsi à ses déposants modestes, sur ses fonds propres puis via des souscriptions bénévoles de ses administrateurs, des « petits prêts sociaux » pour permettre de franchir une crise de la vie, d’attendre une occasion de travail, d’acheter un outil nécessaire ou d’éteindre une dette pressante.

Dans les années 1950, à l'aube de la bancarisation de la société française de l'accès au crédit de masse, la Caisse d’Epargne de Tours effectue en 1955 une expérience analogue. Elle alloue, également sur ses fonds propres, de petits prêts personnels à ces déposants en difficultés passagères.

Comment se matérialise la lutte contre l'exclusion bancaire des Caisses d'Epargne aujourd'hui ?

Depuis 2005, les Caisses d'Epargne participent à l'inclusion financière des personnes en situation de fragilité via les dispositifs Parcours Confiance et Créasol. En 2025, elles soutiennent désormais l'institut de microcrédit qui propose un suivi individualisé, un diagnostic approfondi et une offre bancaire adaptée; Chaque année, plus de 40 conseillers accompagnent plusieurs milliers d'emprunteurs pour créer et maintenir des emplois sur le territoire.



 

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