Les bains-douches

Les bains-douche restent l’un des symboles historiques les plus connus de l’engagement des Caisses d’Epargne. Ils n’ont aujourd’hui plus cours, mais leurs bâtiments demeurent, héritage insolite d’un temps désormais révolu.

Pourquoi créer des bains-douches ? 

La loi de 1906 vient compléter la loi Siegfried de 1894 sur les habitations à bon marché (HBM). Elle permet de donner une nouvelle impulsion à l’habitat, autorisant notamment les communes et les départements à venir en aide aux HBM. C’est dans le cadre de cette loi consacrée au logement social que les Caisses d’Epargne se voient autorisées à employer une partie de leurs fonds propres à la construction et à l’administration de bains-douches et de jardins ouvriers.

Ces deux dernières « œuvres » sont en effet appelées à venir en complément de l’habitat populaire. Au-delà de leur logement, elles permettront en effet d’offrir localement aux populations ouvrières un ensemble des services à usage commun, propres à améliorer leurs conditions de vie jusqu’alors très insalubres (à droite, jardins ouvriers du Guéret).

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Engagées très tôt dans l’édification de logements économiques, les Caisses d’Epargne vont ainsi vite s’intéresser à l’œuvre des bains-douches, dont l’Etat souhaite encourager l’essor pour lutter contre la propagation de la tuberculose en favorisant les mesures d’hygiène. Inventée par un médecin pénitentiaire de Rouen en 1872, qui inaugure le système dans ses établissements carcéraux, elle a du mal à faire florès et à trouver financeur. L’appui des Caisses d’Epargne encouragera leur popularisation. 

Comment les Caisses d'Epargne se sont impliquées dans le développement des jardins ouvriers ? 

C’est la Caisse d’Epargne d’Amiens qui inaugure le mouvement dès 1907, bientôt suivie par plusieurs de ses homologues, notamment à Guéret, Besançon, Coulommiers, Villefranche-sur-Saône (à gauche), Saint-Jean-d’Angély, Pau ou bien encore Tarbes.

Avant la Grande Guerre, 55 d’entre elles concourent désormais localement à l’œuvre des bains-douches. Dans l’entre-deux-guerres, le mouvement connaît une nouvelle expansion, notamment grâce au soutien d’un nombre croissant de Caisses d’Epargne. 168 d’entre elles consacrent en 1929 des fonds à la création ou à l’administration des bains douches, soit par l’intermédiaire de sociétés dédiées, soit directement.

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Bien souvent, les Caisses d’Epargne sont en effet elles-mêmes propriétaires des locaux abritant les bains-douches, en assurent la gestion quotidienne, « affrétant » un employé à l’administration et à l’accueil. Ces établissements de bains fermeront leurs portes dans la seconde moitié des années 1960, leur utilité n’ayant plus cours en raison de la généralisation progressive du confort sanitaire dans les logements.

L’action des Caisses d’Epargne au bénéfice des bains-douches ne relève toutefois pas de la simple anecdote et de la nostalgie. Elle témoigne de l’attention portée de tout temps, et encore de nos jours, par les Caisses d’Epargne aux besoins locaux dans le champ de l’économie sociale et solidaire et de leur empreinte sur les territoires.

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