Les nouveaux acteurs du système bancaire

Le phénomène de digitalisation de nos sociétés a bien sûr impacté le secteur bancaire. De premières évolutions ont pu émerger bousculant les habitudes des clients, rendant disponibles en ligne et via smartphones ou ordinateurs, des services qui demandaient avant de se déplacer en agence. De nouveaux acteurs, appelés fintechs, sont aussi apparus avec des offres innovantes remettant en question la place des bancassureurs traditionnels. Quels sont-ils ? Sur quoi repose leur modèle économique et quels sont les impacts sur le secteur bancaire ?

C’est quoi une fintech ?

Contraction de « finance » et de « technologie », les fintechs sont des entreprises qui œuvrent dans le secteur financier. Ces start-up, à savoir de jeunes entreprises innovantes qui cherchent un modèle économique stable, tentent de se développer dans des secteurs de niches grâce au déploiement de leurs technologies moins chères et plus centrées sur les clients. En effet, grâce à une expérience utilisateur facilitée, rapide et en ligne, elles ont permis le succès de certaines d’entre elles comme Revolut (5 millions de clients) ou N26 (plus de 3 millions de clients), en France.

En pleine expansion depuis 2010, les fintechs proposent des services très diversifiés : moyens de paiement, crypto-monnaies, etc. Ce qui est appelé « néo-banques » en font partie, mais ne sont qu’un type de fintechs. En effet, cette appellation englobe aussi par exemple les [insurtech] (assurances) ou les regtech (solutions technologiques pour répondre aux contraintes réglementaires et de conformité des banques).

 


Les fintechs doivent leur croissance à un contexte réglementaire qui leur est favorable. Adoptée en 2017, la DSP2 a comme mission de développer un ensemble de fintechs de grande taille, pouvant concourir celles d’origine américaine ou chinoise. Pour ce faire, cette directive permet l’open banking, c’est-à-dire le transfert de données entre les banques et certains acteurs financiers comme les agrégateurs de comptes et les initiateurs de paiement. Toutefois, afin d’encourager une bonne gouvernance des données, les responsabilités des acteurs ont été renforcées en cas de fraude.

Quelles sont les différences entre les banques en ligne et les néobanques ?

Les banques en ligne et les néo-banques ont émergé ces dernières années, devenant de plus en plus des concurrentes face aux banques traditionnelles, grâce à leurs offres bancaires uniquement numériques.

Cependant, elles se différencient sur divers points. Une banque en ligne est systématiquement adossée à une banque traditionnelle. Ainsi, même si elle est dépourvue d’agences physiques, la banque en ligne s’appuie sur une structure existante et propose une offre dématérialisée, mais équivalente. Par exemple, Oney est une filiale du Groupe BPCE, Boursorama de la Société Générale et BforBank du Crédit Agricole. Elles offrent tous les métiers de la banque et de l’assurance (prêt pour les particuliers, crédits d’investissements pour les entreprises et les collectivités, etc.) et financent donc l’économie et le développement du territoire.

A l’inverse, les néo-banques ont une offre plus réduite autour de quelques services, permis grâce à leurs licences bancaires, comme les cartes bleues ou les comptes bancaires. En n’effectuant pas de prêt et d’investissement, elles ne financent pas le développement et l’économie locale.

Comment ont réagi les banques traditionnelles ?

Face à cette nouvelle concurrence, les banques traditionnelles ont dû s’adapter à cet écosystème. L’offre s’est digitalisée pour la rendre disponible en permanence sur mobile et ordinateurs, mais aussi faciliter la navigation pour les clients : application « banque », mon banquier en ligne, signature électronique, etc. Grâce à leurs assises financières, les banques traditionnelles ont aussi pu racheter des fintechs ou des banques en lignes, et continuer à innover. Par exemple, le Groupe BPCE détient Oney ou le pot commun, prestataire de paiements à plusieurs sur Internet.

Enfin, elles ont aussi développé leurs propres solutions afin de concurrencer les fintechs dans leurs modèles d’affaire, comme avec l’agrégateur de comptes Banxo, lancées par les Caisses d’Epargne, qui permet de gérer plusieurs comptes de différentes banques.

 

La digitalisation a augmenté le nombre de solutions de paiement, réduisant progressivement l’utilisation des espèces et des chèques au profit des cartes bleues sans contact (77 millions de cartes) et des portefeuilles électroniques. Le moyen de paiement physique disparaît et s’intègre progressivement aux smartphones, notamment avec le projet européen Wero

Quelles sont les innovations technologiques à venir ?

Le mouvement de digitalisation des banques n’est pas encore fini. En effet, des technologies sont encore peu utilisées et vont tendre à se généraliser, grâce à une exploitation plus complète de leur capacité. C’est notamment le cas pour les trois suivantes :

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La cryptomonnaie : monnaie cryptographique utilisable uniquement sur un réseau informatique. Non régulée par une banque centrale et avec un cadre légal plus souple, ces monnaies ont été une véritable révolution ces dernières années, notamment avec le Bitcoin, car les échanges sont sécurisés et anonymes. Trop volatil et peu acceptée dans la vie quotidienne, la cryptomonnaie rencontre des freins pour une utilisation comme une monnaie. Les stablecoins, cryptomonnaies indexées sur une devise et/ou une matière première permettant une plus grande stabilité, sont des potentielles concurrentes aux monnaies traditionnelles dans les prochaines années. 
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La blockchain : technologie de stockage et de transmission d’informations transparente et sécurisée. Véritable base de données qui contient l’historique des échanges effectués entre plusieurs personnes, chacun peut vérifier la validité de la chaîne. Uniquement utilisé pour les cryptomonnaie, elle peut s’étendre grâce à son caractère sécurisé et de vérification des historiques, aux transferts d’actifs, à toute activité réclamant un registre ou exécuté par une intelligence artificielle.

La tokenisation : processus substituant des données bancaires par un jeton jetable (token en anglais). Actuellement utilisée pour sécuriser des échanges financiers, cette technologie permettra dans l’avenir d’augmenter le marché en l’ouvrant à plus de participants et sur des actifs relativement illiquides. Par exemple, il pourra être envisageable qu’une maison soit divisée en plusieurs tokens, achetés par des personnes qui pourront ensuite les revendre facilement. Pour en savoir, cliquer ici.
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ZOOM : panorama des fintechs

La France compte 1 179 fintechs employant environ 50 000 personnes. N’étant pas rentables, les fintechs sollicitent de plus en plus les acteurs installés pour les financer dans leurs projets : c’est ce que l’on appelle une levée de fonds. En 2024,147 fintechs françaises sont valorisées à plus d’un milliard de dollars et plus de 2,5 milliards d'euros ont été levés par toutes les fintechs françaises, représentant une année exceptionnelle. En France, l'association France FinTech est l'organe de représentation de ces entreprises auprès des pouvoirs publics, du régulateur et de tout l'écosystème. 

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